Une équipe de recherche de l’INSERM a démontré qu’un excès de masse grasse pouvait entraîner une atrophie des muscles. Un véritable cercle vicieux pour les personnes obèses ou, du moins, en surcharge pondérale.

Les chercheurs ont basé leurs travaux sur les adipocytes, stockant les triglycérides, donc responsables d’un excès de graisse abdominale. Ces cellules ont été prélevées sur des personnes obèses, puis placées en milieu de culture, en présence de cellules musculaires saines. Résultat : une surproduction de facteurs d’inflammation, interleukines 1b et 6, a été constatée. Quant aux cellules musculaires, les expression de plusieurs gènes ont été réprimées, parmi eux : les gènes codant pour la troponine, la myosine, la titine, trois protéines jouant un rôle dans la contraction des muscles.

Selon Danièle Lacasa coauteure des travaux : « Exposer des cellules musculaires aux facteurs Il-6 et Il-1b ne suffit pas à entraîner une atrophie. En outre, l’atrophie peut être inhibée par l’action de facteurs de croissance dans des cellules musculaires. » Les interleukines pourraient donc enclencher une voie de signalisation : plusieurs protéines seraient activées en cascade, jusqu’à ce que certaines répriment l’expression des gènes des cellules musculaires. Les facteurs de cette voie potentielle doivent maintenant être identifiés : Ils constitueraient une bonne cible thérapeutique pour soigner cette atrophie des muscles, notamment chez les patients souffrant d’obésité et de diabète de type 2.

V. Pellegrinelli, D. Lacasa et coll. Human adipocytes induce inflammation and atrophy in muscle cells during obesity. Diabetes, 2015