Les diabétiques français réalisent-ils au quotidien leur auto-surveillance glycémique (ASG) conformément aux bonnes pratiques* ? Le congrès de l’European association for the study of diabetes (EASD) a été l’occasion de présenter les premiers chiffres de l’observatoire national sur l’auto-surveillance glycémique, soutenu par les laboratoires Sanofi, qui tend à répondre à ces interrogations. Ces résultats sont parfois plutôt satisfaisants, voire encourageants, parfois témoignant du long chemin qu’il reste à parcourir. La cohorte, constituée de 604 patients (≥18 ans) a été recrutée par les pharmaciens d’officine, lors de l’achat du matériel d’ASG. Le Pr Bruno Guerci (CHU Brabois, Nancy), l’un des investigateurs, juge globalement l’observance assez médiocre, a fortiori chez les patients qui en ont le plus besoin. Il pointe le niveau de connaissance très inégal à propos de l’objectif glycémique personnel mais aussi sur la manière d’interpréter le résultat de la glycémie capillaire. 29,8 % des DT1 (sous schéma basal bolus +/- antidiabétiques oraux) respectent les critères de fréquence de la HAS à savoir 4 ASG/jour contre 60 % des DT2 sous insuline basale réalisant au moins les deux injections quotidiennes recommandées. Autre point à améliorer, 53,8 % des DT2 sous basal-bolus (+/-ADO) ne connaissent pas leurs objectifs d’HbA1c. Cependant, si 70 % reconnaissent avoir reçu des explications sur l’interprétation des résultats, l’adaptation du traitement en fonction des résultats de l’ASG pose des difficultés et entre 13,2 % et 44,7 % (selon le type de diabète et le traitement suivi) attendent de consulter leur médecin pour le faire. Ces données illustrent que l’ASG est encore pratiquée de manière sous-optimale en France.

HAS 2013, recommandations n°39-40-41